L'église de Sainte-Engrâce à l'architecture rare, pur modèle de l'art roman

Sur l'emplacement d'Urdatx, ancien nom de Sainte-Engrâce, célèbre pour les grottes de Kakuetta, l'abbaye navarraise de Leyre fit bâtir au XIe siècle une église romane dédiée à Sainte-Engrâce de Saragosse.

La dénomination officielle de l'église Sainte-Engrâce des Ports, témoigne que le village de Haute - Soule était une voie de communication entre les deux versants des Pyrénées.

C'est aussi l'un des premiers centres de la christianisation venue de la vallée de l'Èbre.

En remontant les gorges de la Haute Vallée du gave de Sainte-Engrâce, on ne s’attend pas à découvrir en bout de vallée, un chef d’œuvre de l’art roman. Et pourtant, l’église de Sainte Engrâce en Haute Soule, sera classée monument historique dès 1841.

  

Un peu d’Histoire…

La première mention de Sainte-Engrâce est un acte de 1085 par lequel le Roi d’Aragon, Sanche Ramire fait don du prieuré de Sainte-Engrâce et de ses terres à l’abbaye navarraise de Leyre.

La charte de donation sera confirmée par le pape Pascal II en 1100. Malgré sa situation en fond de vallée sauvage et difficile, la renommée et la prospérité du monastère de Sainte-Engrâce est grandissante, de nombreux pèlerins, en partance pour Compostelle y font étape pour vénérer les reliques de la Sainte.

La remontée des gorges de Ehujarre permettait de rejoindre la vallée du Roncal, puis l’abbaye de Leyre, et ensuite poursuivre le chemin vers Compostelle en suivant la Via Tolosana.

La Soule est occupée par les Anglais, la Navarre par les Espagnols coupant les liens avec l’abbaye de Leyre. Les guerres de religion apporteront leur lot de désolation : archives, mobilier et reliques sont détruits et une partie du domaine distribuée à une commune voisine.

En 1622, le culte catholique rétabli, Sainte-Engrâce se procure une nouvelle relique, se dote de nouveaux mobiliers, mais ne pourra retrouver le faste d’antan.

L’église sera classée monument historique dès 1841 par Prosper Mérimée, et vers 1864 fera l’objet de travaux de restauration sous la responsabilité de l’architecte Emile Boeswilwald, des travaux étalés jusqu’en 1905.

 

L'église

« L’église abrite trois nefs, séparées par d’énormes colonnes en pierres taillées. Au fond de chacune, trois autels, avec d’un bout à l’autre une haute grille d’isolation qui servait à protéger les équipements des pèlerins.

Il y a aussi trois chapelles : la chapelle centrale dédiée à Sainte-Engrâce, celle de gauche à la Sainte Vierge, celle de droite à Sainte Catherine. Au centre, sur la voûte, une peinture murale avec entre autres la Trinité, Saint Laurent. Plus bas des centaures, rappelant peut-être les cavaliers de Charles Martel qui furent battus en ces lieux. Sur les murs de chaque côté six tableaux sur la légende de la Sainte. A gauche, statue de la Vierge Marie avec de nombreux tableaux autour, représentant par exemple les quatre évangélistes. A droite, la faune du pays avec une sculpture de bouquetin. Sur une colonne, Salomon et la reine de Saba avec un animal tirant sa langue jusqu’au sol : peut-être une représentation de chameau ? Eparpillées dans l’église, des statues en bois, par exemple de Saint Pierre, de Sainte Marie Madeleine ».

A ses côtés, le cimetière peuplé de stèles discoïdales témoigne d'un passé encore méconnu.

 

http://www.sainte-engrace.com/index.php/fr/

 

 


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