Martel, la cité aux 7 tours

Martel est une petite cité médiévale de la Vallée de la Dordogne, née entre le XIe et le milieu du XIIe siècle et propriété du vicomte de Turenne à partir de 1180.

Elle n’a aucun lien avec la légende de Charles Martel.

 

Un peu d’Histoire…

La première mention de Martel, « Martell », « Martellum » dans un document apparaît dans le cartulaire de l'Abbaye d'Aubazine à partir de 1140, et dans l’histoire de la vicomté de Turenne.

« L'attrait économique de sa position géographique, a fait de Martel une cité « carrefour » au croisement de la route royale Paris-Toulouse qui passait à proximité de Martel et Gramat avant le XVIIe siècle issue de l'antique voie gallo-romaine reliant Paris au midi de la France, et de la route du sel reliant Bordeaux et l'Atlantique vers Aurillac.

Ce sel était remonté sur la Dordogne par les gabariers jusqu’à Souillac où il était déchargé, puis suivait l’axe terrestre Martel-Vayrac jusqu'à l'Auvergne ».

Après bien des péripéties lorsque Martel accueille Henri le Jeune, co-roi d'Angleterre et frère aîné de Richard Cœur de Lion, qui mourut dans l'hôtel Fabri après avoir pillé Rocamadour afin de pouvoir payer ses troupes…

Lorsqu’en 1219, une Charte de franchises exonérant les habitants d’impôts est à l'origine de la prospérité de la cité. Puis la guerre de 100 ans  où la cité ne sera jamais prise militairement grâce aux talents de négociation de ses consuls.

Puis le traité de Brétigny en 1360 qui la livra aux Anglais mais que Duguesclin reprendra militairement en 1374. Au Moyen Âge, Martel est connue pour ses nombreux marchands de blé, de sel et de bestiaux ainsi, que pour sa sénéchaussée royale, à la fois circonscription fiscale et cour de justice, présidée par un lieutenant-général de la sénéchaussée.

Le deuxième âge d'or de la ville se situe au XVe et XVIe siècles. La prospérité revient dès 1459, avec la reprise des foires et une extraordinaire vitalité des naissances, puis l'activité se ralentit au XVIIè et XVIIIè siècles, la route de Paris à Toulouse ne passant plus par Martel mais par Cressensac et Souillac.

Lorsque Charles-Godefroy de la Tour d'Auvergne, petit-neveu d’Henri de la Tour d'Auvergne, dit le Grand Turenne, cède à Louis XV la vicomté de Turenne, le 8 mai 1738, pour honorer le paiement de ses dettes de jeu, Martel perd de son autonomie, la vicomté de Turenne était le dernier fief français.

La population diminue légèrement à partir du XVIIIe siècle, puis de façon plus forte à partir de 1870, jusque vers les années 1980.

Le commerce de la truffe permettra à la petite cité de rebondir économiquement du XIXe jusqu'au début du XXe siècle, notamment grâce au chemin de fer à partir de la fin du XIXe siècle.

 

Les vestiges et un important patrimoine architectural

Les plus anciens vestiges attestés remontent aux XIe et XIIe siècles : des murs de maisons ou d'enceintes, des murs et le tympan de l'église Saint-Maur actuelle, qui était le tympan de la première église romane Saint-Maur. La tour romane carrée ou Tournemire date du tout début du XIIIe siècle.

De même, la construction du Palais de la Raymondie débutée au XIIIe siècle, par Bernard de la Raymondie, receveur des impôts royaux et achevée en 1330. Ce palais urbain se compose de quatre ailes autour d’une cour à laquelle on accède par deux arcades. Il présente trois niveaux d’élévation avec sur la façade sud une enfilade d’arcades Renaissance, fenêtres à meneaux et médaillons. Il est aujourd’hui propriété de la commune qui y a installé la mairie et l’office de tourisme.

L’Église Saint-Maur construite au XIII° et XIV° siècles sur une ancienne église romane, adossée aux remparts, faisait partie intégrante du système défensif de Martel. D’aspect gothique, aux dimensions imposantes, elle mesure 56 mètres de long avec un clocher de 48 mètres. Ce fut une église fortifiée, avec créneaux, meurtrières et chemins de ronde. La verrière du cœur qui date du XVI° est classée.

L'Hôtel Condamine, Hôtel de la monnaie, ancien atelier de frappe des monnaies en usage dans la Vicomté, l est composé de deux tourelles accolées d’inégales longueurs.

La Halle, construite à la fin du XVIII° siècle sur l’emplacement de l’Arsenal et du premier Hôtel de Ville, elle est remarquable par sa charpente en châtaigner et ses « conques » (mesures à grains).

Sans compter l'Hôtel Fabri et autres hôtels particuliers, les portes fortifiées et un grand nombre de belles demeures du XIX° siècle, notamment aux abords du centre ancien.

L'Hôtel Fabri du XVe siècle est aussi appelé maison Duboy. C’est à cet emplacement que mourut, le 11 juin 1183, peu après avoir pillé Rocamadour, Henri Court Mantel, fils aîné d’Henri II Plantagenêt, roi d’Angleterre, de la sulfureuse Aliénor d’Aquitaine, et frère de Richard Coeur de Lion : la demeure est marquée au sommet de la tour de l’écusson anglais, le léopard dressé.

La Tour Tournemireétait intégrée à l’enceinte du XIIe siècle et porte le nom de la famille de bourgeois qui l’occupait. Tour de guet et de défense, prison seigneuriale, puis royale et enfin municipale.

La Tour des Cordeliers est l’unique vestige du couvent des Cordeliers, ordre mendiant qui ne s’installait que dans les villes riches.

Barri de Brive et Porte de Brive, une des neuf portes fortifiées qui fermaient la deuxième enceinte pour protéger les barris (quartiers) construits à l’extérieur de la première enceinte. La route du pèlerinage vers Rocamadour aboutissait ici.

La Rue Sans-Lys accueille la façade la plus imposante du Palais de la Raymondie, avec ses trois niveaux clairement visibles : les arcades destinées au commerce au rez-de-chaussée, de belles baies éclairant les salles de résidence et de réception au 1er étage, et les dépendances au dernier niveau. Les petites échauguettes d’angles de rôle défensif deviennent signe de prestige.

L’Hôtel de Briance dit « Vergnes de Ferron »

La Maison Arcambal, logis du Moyen-Age, est remaniée à la fin du XVe siècle, avec un décor Renaissance sur son portail. Le heurtoir de la porte est placé à hauteur d’homme à cheval.

La Maison de la Vidalie ou Maison du Silence

La rue Droite, rue principale qui traverse Martel d’est en ouest, abrite une longue maison où subsistent des vestiges de baies à colonnettes (XIIIes.), et une porte avec linteau en accolade (fin XVe s.). En face, une maison de marchand avec deux grands arcs brisés au rez-de-chaussée.

La Rue du Puits

Maison avec un vieux puits qui a la particularité d’avoir une partie vers l’intérieur de la maison, pour les propriétaires, et une partie vers la rue pour la population. On peut voir la trace de la corde sur la margelle.

  

Le Musée Gallo-Romain d'Uxellodunum

Le musée Gallo-Romain d'Uxellodunum, fondé en 1931, se situe au 2e étage du palais de la Raymondie, en plein cœur du Martel médiéval. Vous pouvez y découvrir des collections permanentes mais aussi des expositions temporaires allant de la Préhistoire jusqu'à nos jours.

Il accueille les découvertes faites sur le site de la Fontaine de Loulié au Puy d'Issolud. Les collections continuent de s'enrichir les années suivantes et encore aujourd'hui.

Un dépôt de fouille permet aux archéologues et prospecteurs-inventeurs d'y déposer leur trouvailles mais aussi d'accueillir des chercheurs souhaitant étudier plus précisément certaines pièces.

 

Et aussi…

Cité gourmande, Martel est le lieu de prédilection pour déguster noix, truffes et autres produits sur les marchés et dans les nombreux restaurants

Martel a connu une  période de gloire au XIXe siècle grâce au commerce de la truffe. On peut d’ailleurs encore monter à bord du « Truffadou », un train vapeur qui acheminait les truffes à flanc de falaise.

Autre curiosité touristique, le vivarium « Reptiland » qui abrite serpents, lézards, tortues ou encore crocodiles exposés en lumière du jour dans un espace couvert et climatisé.

 

Mairie de Martel
Place des Consuls
46600 Martel
Tél. :  05 65 37 30 03

https://www.martel.fr/

 

 

 

À voir également dans le département

Le train dans le tunnel

Les Grottes de Lacave

placeLacave - Lot 
label Curiosités naturelles  

Georges Héreil, le patron génial

placeCahors – Lot 
label Gens d'ici  
Le Musée des Alambics et arômathèque

Le Musée des Alambics et arômathèque, déconseillé aux enrhumés

placeCarennac - Lot 
label Petits métiers Gens d'ici Musées & Collections  
Le château du Roi

Le château du Roi, plus ancienne prison de France

placeCahors – Lot 
label Edifices remarquables Records : Les + et les - Châteaux & Monuments  

Découvrez les régions du Grand Sud