André Trigano vend ses trésors automobiles

Le 13 septembre 2020 la maison de ventes aux enchères Artcurial vend  les 170 véhicules de la collection André Trigano

Après avoir vendu en 2016 toutes ses Citroëns avec Artcurial, André Trigano se sépare maintenant de l'intégralité de sa collection, qui présente une incroyable variété de genres, d'époques et d'états.

« J'aimerais donner une autre vie à mes voitures. 

Il ne faudrait surtout pas qu'elles deviennent des objets inanimés ! ».

Il y a quatre ans, Artcurial avait déjà vendu aux enchères toutes ses Citroëns : une quarantaine de modèles qui couvraient la gamme du constructeur français, de 1919 à 1972.

André Trigano a donc décidé de se séparer de l'autre partie de sa collection, quelques 170 voitures dont une trentaine de  « sorties de grange ».

  

Histoire de famille…

L'histoire récente de  la famille Trigano commence avec  le père, Raymond. Pied-noir venu d’Algérie, il rejoint un régiment de zouaves de l'armée française pendant la Première Guerre mondiale, puis se lance dans les affaires. Ce sera d'abord la torréfaction du café et à la fin de la seconde guerre mondiale le recyclage des toiles de bâches qui deviennent des toiles de tentes. 

Le camping et les loisirs sont des secteurs en pleine expansion, la voie est tracée pour la famille. Ce sera la matériel de camping.  

Pour le frère,  Gilbert Trigano,  le Club Méditerranée et le neveu  Serge Trigano  dans l'aventure des hôtels Mama Shelter. André Trigano sera le maire de Mazères pendant 24 ans avant de devenir premier magistrat de Pamiers.

Lorsqu'il a vendu sa collection de la marque aux chevrons, André Trigano avait expliqué avoir connu Madame Citroën et s'être pris de passion pour les voitures de la marque. 

Ensuite plus d'une centaine de très belles voitures sont venues s'ajouter à la collection initiale. 

« Collectionner c'est  avoir une passion, réaliser son rêve et le transmettre » explique-t-il.

A 94 ans, et toujours passionné d’automobile, notre vendeur  a été pilote de rallye de 1951 à 1957. 

Une première vente Artcurial s'est tenue en 2016. La  collection Citroën allait de  la  pionnière du début des années 1920, en passant par la sympathique 5CV Trèfle, la mythique Traction, la populaire 2 CV en plusieurs variantes et couleurs, l’avant-gardiste DS jusqu’à l’exclusive CX des années 1980, c’est toute l’histoire de cette marque qui était retracée. 

 

 

La collection 

La passion d'André Trigano remonte aux années 30.

Une grosse Packard garée dans le 17e  arrondissement de  Paris l'impressionne.

La guerre met un coup d'arrêt à l'activité de la famille, qui se réfugie en Ariège où André s'engage chez les partisans et, peu après la Libération, achète sa première voiture, une Citroën C4. 

Dans les années 50 ce sera la période des rallyes et des 24 heures du Mans. L'accident du Mans 1955, avec 84 morts et 120 blessés sera  l'accident le plus important de l'histoire du sport  et incite notre pilote a déposer le casque mais la passion va prendre une autre forme : la collection.  « J'ai commencé petit à petit à rechercher des voitures que j'avais aimées et qui n'étaient pas dans mes moyens. 

Dans les années 1960, les anciennes n'intéressaient personne ». Parallèlement, il commence à s'offrir pour son usage quotidien des modèles plus prestigieux, comme une Ferrari 212 Inter. 

Viendra ensuite la  Lancia B24 ou la Lamborghini 400 GT qu'il considère comme la plus belle des voitures. Puis Aston Martin, Porsche, Salmson ou Packard, la collection prend forme…

A noter une voiture acheté à son premier propriétaire,  la Rolls-Royce Silver Spur de Marcel Dassault. Après s'être séparé de la collection Citroen, c'est donc toute la collection qui va entamer une nouvelle vie.

André Trigano s'en explique : « J'ai déjà vendu toutes les Citroën. J'avais atteint mon objectif de réunir la gamme, et j'y trouvais moins d'intérêt. J'ai 94 ans et j'ai eu la chance de connaître une vie professionnelle et publique très active. 

Aujourd'hui je n'ai plus le courage de conduire et ne prends donc plus le volant le week-end comme j'en avais l'habitude. De plus, mes deux fils ne s'intéressent pas à cette collection, l'entretien de l'ensemble est coûteux et, donc, ces voitures que j'aimais tant risquent de rester statiques et de dépérir. Or une voiture qui ne roule pas, ce n'est plus une automobile, c'est un simple objet inanimé. 

J'aimerais donc leur donner une autre chance, qu'elles puissent connaître une deuxième ou une troisième vie. »

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