Charlemagne libère l'Ariège

Par ses belles cérémonies religieuses, son antique sanctuaire, son histoire, Notre-Dame de Sabart, à la sortie de Tarascon en direction de l'Andorre, attire, tous les ans, une foule nombreuse de pèlerins et de touristes. Ceux-ci unissent au culte de la Vierge le souvenir du « Grand Empereur à la barbe fleurie », paladin du Christianisme et libérateur de la chrétienté : Charlemagne.

L'édifice paraît remonter au douzième siècle, à cette période de foi religieuse où le monde rejetait sa vétusté « pour se vêtir fraîchement d'une parure de sanctuaires blancs ». .

 

Légende et Histoire…

Voici d'après la légende, fantastique récit transmis, d'âge en âge, dans les souvenirs populaires, l'origine de la miraculeuse chapelle, dédiée par Charlemagne à Notre-Dame de la Victoire après une bataille où les Sarrazins furent battus dans la plaine voisine.

Les Sarrazins avaient porté la ruine et la désolation dans tout le Sabarthès. Leurs hordes s'étaient répandues dans toutes les vallées échelonnées le long de l’Ariège et de ses affluents. Bourgs, villages, églises, monastères, tout avait été détruit dans cette partie des Pyrénées ariégeoises.

Déjà, le bruit retentissant des armes a cessé ou s'éloigne, l’écho des montagnes ne répercute plus au loin les clameurs sauvages de la mêlée. L’infidèle haï règne en maître dans ces Vallées, « dont la mort, la fuite ou le ferrement de l'esclave ont fait un désert ». 

Quelques années ont suffi pour faire disparaître de ce sol, où les Romains avaient longtemps séjourné, où leur tempérament de bâtisseurs avait élevé des temples à leurs dieux, des forteresses à leurs légions, toute civilisation et tout vestige du progrès humain.

Cette domination dura trente ans, Charlemagne et ses lieutenants lui porteront les derniers coups.

Chaque étape de la croisade libératrice des Francs laissera une empreinte ineffaçable dont s’emparera la tradition. 

Charlemagne poursuit sans relâche les Sarrazins maudits et les pousse dans la gorge où coule l'Ariège. Tout à coup, sur un terrain inculte qui n'offre à l'œil qu’une végétation triste et rabougrie, au pied d'une montagne dont des bois épais assombrissent la croupe, le palefroi du roi franc s'arrête épouvanté. Charlemagne stimule en vain le coursier qui reste immobile. 

Trois fois, il enfonce l’éperon dans les flancs du cheval. 

Trois fois, l'animal recule. Cependant, l'écuyer s'est jeté en avant. A peine a-t-il fait quelques pas, qu'il se voit tout à coup entouré d'ennemis, venus en rampant à la faveur de la nuit, pour épier les mouvements de l'armée chrétienne.

Le grand conquérant voit le danger qui menace son serviteur. 

Il entend déjà le cliquetis des armes. Son impatience redouble. Il aiguillonne de nouveau son coursier, mais celui-ci n’avance point. Une puissance secrète attache son pied à la terre. 

Alors, Charlemagne saute à bas de sa monture. D'un bond il a rejoint  son compagnon. Stimulés par une force surnaturelle, les Francs massacrent jusqu'au dernier les aventureux Sarrazins.

 

Une Vierge apparaît…

Après le combat, à la place où le palefroi s'est cabré, une vierge lumineuse et rayonnante de beauté apparaît.

L’apparition s'évanouit quand les sommets commencent à s'éclairer.

Le chef a compris le signe divin. Il réunit ses troupes sur le lieu du miracle. Deux génisses blanches, jusque-là indomptées et conduites par le roi lui-même, explorent cette terre mystérieuse. 

Le roi découvre une statue d'airain, qui est dressée solennellement sur un autel de pierre où une main invisible a gravé ces mots prestigieux « Notre-Dame de la Victoire ». Vainement, Charlemagne a décidé de doter de ce miraculeux trésor la basilique de Saint-Nazaire à Foix et l'a fait transporter dans l'antique cité groupée autour du rocher.

Par deux fois, la statue revient dans le site sauvage où elle est apparue au roi chrétien. 

Plus de doute possible. C'est sur cette lande inculte, au pied de ces montagnes abruptes, propices au recueillement et à la prière, que la Vierge veut être honorée. 

C'est là que la reconnaissance et la piété lui élèveront un sanctuaire et que dans les siècles à venir, les populations de la contrée éterniseront, par un pèlerinage annuel, la victoire qui affranchit leurs pères de la plus odieuse des oppressions.

Ce qui se dégage d'une visite à l'antique sanctuaire pyrénéen, rappelant les origines de la France, c'est l'impression de la durée, de la continuité des vénérables traditions qui nous relient, en dépit des révolutions et par-dessus les âges, aux ancêtres qui dorment sous la terre. 

Ce que l'on emporte de Sabart, lieu éternel de ferveur religieuse, c'est l'idée de l'autrefois marqué en toutes choses, non pas immobilisé en rigides attitudes et en magnificences mortes, mais intime, familier, mêlé aux actes les plus humbles et les plus simples, fondu dans le présent et vivant avec lui, d'une vie indomptable et tranquille, qui coule lentement à travers les siècles.

 

Avec « Il était une "Foix" en Ariège »

 

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