Edgar Morin, le père des « yéyé »

En 1963, le grand sociologue publiait Edgar Morin dans « Le Monde » une longue analyse du phénomène « Salut les copains » et inventait le mot « yéyé ». 

Daniel Filippachi inventa « Salut les copains », Jean Marie Perrier inventa les photos des idoles et Edgar Morin parla en 1963 dans le quotidien « Le Monde », pour la première fois des « yéyé ».

Après avoir vécu entre Paris et Marrakech, Edgar Morin a posé ses valises en plein centre de Montpellier.

Voici ce qu'écrivait Edgar Morin en 1963 :

« La vague de rock’n’roll qui, avec les disques d’Elvis Presley, arriva en France ne suscita pas immédiatement un rock français. 

Il n’y eut qu’une tentative parodique, effectuée par Henri Salvador, du type « Va t’faire cuire un œuf, man » ! 

La vague sembla totalement refluer, mais en profondeur elle avait pénétré dans les faubourgs et les banlieues, régnant dans les juke-boxes des cafés fréquentés par les jeunes. 

Des petits ensembles sauvages de guitares électriques se formèrent. Ils émergèrent à la surface du Golf Drouot, où la compétition sélectionna quelques formations. 

Celles-ci, comme Les Chats sauvages, Les Chaussettes noires, furent happées par les maisons de disques. Johnny Hallyday monta au zénith. Il fut nommé « l’idole des jeunes ».

Car ce public rock, comme aux Etats-Unis quelques années plus tôt, était constitué par les garçons et filles de 12 à 20 ans. 

L’industrie du disque, des appareils radio comprit aux premiers succès que s’ouvrait à la consommation en France un public de sept millions de jeunes ; les jeunes effectivement, poussés par le rock à la citoyenneté économique, s’équipèrent en tourne-disques, en radios transistors, se fournirent régulièrement et massivement en 45-tours.

 

Du Golf Drouot à la Nation

L’élargissement vint : du rock on passe au twist ; les jeunes vedettes de la chanson varient leur répertoire. A Europe 1, Daniel Filipacchi lance l’émission « Salut les copains ! » ; le mot-clé n’est pas « idole », comme l’avaient cru les marchands de disques, mais « copain »."

« Le cri de ralliement de cette jeunesse qui s'affirme pour la première fois, c'est « yé-yé » », écrit-il. 

Pour lui, la frénésie déclenchée par le yé-yé du twist est certes « vide », puisqu'elle ne défend pas une idée, comme ce fut le cas de la jeunesse de 1914 qui partit fleur au fusil , en ce sens, Morin y voit un progrès non une régression. Pour lui, ce mouvement participe, au moment même où le monde développé accède à la société de consommation, « du retour de toute une civilisation vers un rapport plus primitif, plus essentiel avec la vie ». 

Yé-yé en réaction donc à l'ère des Choses, décrites par Georges Pérec en 1965.

 

(Avec Le Monde et Le Point)

 

 

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