La dernière frasque de François Villon

François de Montcorbier, plus connu sous le nom de  François Villon, grand poète du Moyen Age à la fois écrivain, filou et assassin, est né vers 1430.

Il fut adopté par le Chapelain Villon, Maître es-arts de très bonne heure, il se laisse peu à peu gagner et déborder par sa nature ardente et aventureuse.

Jouisseur, ivrogne et débauché, il est aussi capable de sentiments délicats comme il le prouvera  à Saint-Maixent.

 

Villon rencontre l’amour

Après avoir été une fois de plus condamné à mort, il réussit à faire commuer la peine en dix ans de bannissement loin de Paris. Il erre en Angleterre et dans diverses provinces françaises, puis traverse un jour Saint-Maixent.

Là, il attire le regard d’une femme…  Subjugué, ii s’arrête… fait sa conquête et décide de s’établir à Saint-Maixent.

Or, la dame était fort estimée du Prieur de l’abbaye, homme de bien s’il en fut. Un jour, elle présente le poète au prélat. Ce dernier avait entendu parlé non seulement des poésies, mais aussi des « facéties » de Maître François, le premier accueil ne fut guère chaleureux.

Mais lorsqu’il apprit que Villon était le neveu d’un digne chapelain parisien, et quand ii sut également que le poète connaissait le langage poitevin, il lui demanda de composer une Passion et ce, en patois local.

François Villon accepte aussitôt et se met au travail.

Très rapidement,  il écrit « la Passion » et le texte reçoit l’approbation des notabilités de la Ville. Toutefois, il restait à distribuer les rôles aux acteurs improvisés.  C’est là que va commencer le dernier drame sanglant auquel il a été mêlé. Il s’agissait en effet d’habiller un vieux paysan qui avait été choisi pour jouer le rôle de Dieu le Père. Villon alla voir Frère Etienne Tappecoue, sacristain des Cordeliers du lieu et lui requit de lui

prêter un chape et une étole. Ce dernier refusa en alléguant qu’il lui était défendu par les statuts de son Ordre de « bailler ou de prêter pour les jouant. Villon, nous dit Rabelaisdans son Pantagruel, répliquait que le statut concernait farces, isoméries et jeux dissolus, et qu’ainsi l’avait vu pratiquer à Bruxelles et ailleurs. Tappecoue, ce nonobstant lui dit péremptoirement qu’ailleurs se pourvût, si bon lui semblait, que rien n’espérât de sa sacristie car rien n’en aurait. Villon promit que de Tappecoue, Dieu ferait vengeance et punition exemplaire bientôt ».

 

Le drame…

Le samedi suivant était celui de la « montre de la diablerie », traditionnelle procession des diables de la Passion.

François, apprenant que Tappecoue était sorti sur une jument du couvent, vit là une magnifique occasion de lui faire peur. Les diables étaient tout recouverts de peaux de loups, de têtes de moutons, de cornes de bœufs et ils portaient à la taille de grosses ceintures auxquelles étaient attachées des cymbales. Ils tenaient des gourdins porteurs de fusées et de longs tisons allumés.

Villon, voyant Tappecoue arriver de loin, leur intima l'ordre de se cacher. Et le raconte Rabelais : « Tappecoue, arrivé au lieu, tous sortirent sur le chemin au-devant de lui, en grand effroi, jetant feu de tous côtés sur lui et sa jument et sonnant de leurs cymbales et hurlant en diables : Hho, hho, hho, hou, hou, hho,hho. Frère Etienne de faisons-nous pas bien les diables ».

La jument tout effrayée se mit au trot, bondit, se lança au galop, tandis que le pauvre moine désarçonné était traîné par la bête qui multipliait les ruades contre lui. Finalement, les mouvements de l’animal finirent par lui couper la tête et la cervelle tomba près de la Croix Hosannière. Les bras furent mis en pièces ainsi que les jambes, de sorte que l’animal en arrivant au couvent ne portait du moine que le pied droit et le soulier entortillé de cordes.

Tel fut le dernier drame de la vie de Villon dont on devait peu après perdre définitivement la trace. Mais avant cela, la représentation de la Passion écrite en langage poitevin par Maître François Villon, montée par lui et jouée sous sa direction par les habitants du pays obtint devant toute la population de Saint-Maixent un chaleureux succès.

La vie locale reprit à son départ le calme et la tranquillité qui depuis quelque temps lui faisait défaut.

 

 

 

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