Sabran, un village, un château féodal, quatre Reines et un Saint

Situé dans le Gard, à l'ouest de Bagnols-sur-Céze, le village de Sabran présente une première particularité, celle d’être formé de huit hameaux (Cadignac, Carmes, Chavanel, Colombier, Combe, Donnat, Mégier et Sabran), et de compter six églises et cinq cimetières.

Abrité par un promontoire rocheux, Sabran abritent les ruines d'un château féodal, berceau de la famille prestigieuse des Sabran et une statue monumentale de la Vierge.

 

Un peu d’Histoire

L'histoire de la famille Sabran, avec toutes ses branches, s'étend du Xe au XIXe siècle. Famille illustre en Languedoc avec la possession de la seigneurie d'Uzès et la baronnie de Sabran, elle va s'étendre en Provence où elle connait une renommée encore plus considérable par la possession de Forcalquier.

Descendants de Charles Martel, Mathilde et Gueraud d'Auvergne le couple est à l'origine des Amic de Sabran puis des Sabran.

Plusieurs siècles et quelques descendances plus tard, Raymond Béranger IV (1198-1245) comte de Provence et de Forcalquier, fils de Garsende de Forcalquier, issue de la maison de Sabran devint père de 4 filles, futures reines, après son union avec Béatrix de Savoie :
- Marguerite de Provence,
- Eléonore de Provence,
- Sancie de Provence,
- Béatrix de Provence.

Nées dans le château de Saint-Maime, près des villages de Dauphin et de Mane (Alpes-de-Haute-Provence), vivent essentiellement en Provence.

Ainsi par les filles de Raymond Bérenger, les rois de France Louis IX et de Sicile Charles Ier, qui sont déjà frères, deviennent beaux-frères ; le roi d'Angleterre Henri III et son frère, le futur roi des Romains, Richard de Cornouailles, deviennent beaux-frères. De ces quatre filles, princesses de Provence, descendent la plupart des familles royales qui vont se succéder.

 

Les époux vierges,  Elzéar & Delphine

Sabran fonde également son originalité sur le fait qu’elle abrita Elzéar de Sabran, baron d'Ansouis épouse Delphine de Signes en 1299 qui lui imposa le mariage virginal.

« Un exploit qui, tout au long de la première moitié du XIVe siècle, plongea la Provence dans une stupéfaction admirative »  écrit Paul Amargier qui leur consacra une étude.

Membre de l'Ordre de Saint-François d'Assise, Elzéar était connu pour sa charité ; il visitait les hôpitaux, soignait les malades, distribuait des aumônes, et ne négligeait aucun des devoirs envers ses vassaux.

Son épouse, s'associait à toutes ses bonnes œuvres et vivait saintement comme lui : mendicité, messe, flagélation ou encore baise des pieds des lépreux. Le mépris de son corps était chez Delphine de Sabran une obsession puisqu'elle confessa un jour «  Je suis une viande destinée aux vers, un réceptacle d'iniquités et de péchés ».

Il meurt de maladie à Paris en 1323 ; elle meurt en 1360.

Elzéar est canonisé par le pape Urbain V, son neveu, en 1368 qui le cite comme modèle des chevaliers chrétiens et insiste sur sa générosité envers les pauvres, sa vie mystique intense et son attachement indéfectible à l'église.

Les reliques d'Elzéar et de Delphine sont conservées dans l'église d'Ansouis et dans la cathédrale Sainte-Anne d'Apt.

 

A voir également…

La Chapelle des Templiers, classée à l'inventaire des monuments historiques, est située sur le domaine de Boussargues est dédiée à Saint Symphorien.
A Combe, la Chapelle de Saint-Julien de Pistrin (12e siècle) est en cours de restauration.
La Chapelle de Sabran (12e siècle) a été restaurée.
Au total, l'on dénombre 6 églises à Sabran.

 

 

 

http://www.sabran.fr/

 

  

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