Le Château de La Rochefoucauld, perle de l'Angoumois

Par la diversité, la qualité et l’élégance de son architecture, le château de La Rochefoucauld est considéré, à juste titre, comme l’un des plus remarquables de France. 
L’édifice est entouré de hautes tours rondes dont les plus anciennes forment le châtelet qui défend l’ancien pont-levis.  Les autres, datant du XVe siècle, sont couronnées de mâchicoulis et coiffées de combles particulièrement aigus. 

 

Un peu d’Histoire

L’histoire du château est indissociable de l’histoire de la famille des La Rochefoucauld qui, elle-même, s’inscrit, siècle après siècle, dans la vie politique de son temps. Le château de La Rochefoucauld illustre remarquablement l’imbrication du politique et de l’architecture à travers la vie d’une famille qui a possédé, sans discontinuité le château depuis que Fucaldus a posé la première fortification vers 980.

En 980 donc,  Fucaldus, jeune frère du comte de Limoges, construit un camp fortifié sur la roche surplombant la rivière et appelle alors ce camp « Fucaldus in rupe », « La Roche à Foucauld ». Puis le fils de Fucaldus fait construire le donjon carré avant que, en 1350, Aimery de La Rochefoucauld fasse construire les deux tours d’entrée. 
En 1453, Jean de La Rochefoucauld érige les trois tours d’angle et fait surélever le donjon à la suite de la victoire de la bataille de Castillon qui met fin à la guerre de Cent Ans. 
La famille de La Rochefoucauld s’illustre, siècle après siècle, par de remarquables personnalités. Le cardinal François de La Rochefoucauld, grand aumônier de France, préside le Conseil du roi sous Louis XIII.

François VI, opposant à Richelieu, s’impose à la tête de la Fronde des Princes, avant de devenir l’un des plus grands écrivains de son époque, auteur en 1664 des célèbres « Maximes » .

La Rochefoucauld d’Anville, membre de l’Académie des sciences, admirateur de la Constitution américaine et ami personnel de Franklin, anime le courant libéral de la noblesse aux états généraux de 1789. Il meurt massacré à Gisors en septembre 1792, quelques jours après ses cousins de La Rochefoucauld-Bayers, évêques, députés du clergé aux états généraux, exécutés à la prison des Carmes et béatifiés.

Enfin, François-Alexandre de La Rochefoucauld-Liancourt (1747-1827), député de la noblesse aux états généraux, émigré aux Etats-Unis aux heures les plus sombres est à l’origine de l’école des Arts et Métiers, puis est également le co-fondateur de la Caisse d’Epargne. 

 

Un château magnifique

« Dans ce château, le visiteur verra son œil attiré par le décor de la cour et notamment l’étonnant décor d’un « cortile » à l’italienne, tapissé de portiques à arcades sur trois niveaux. 
A voir également les magnifiques portes qui s’ouvrent à tous les étages des galeries reflétant le goût prononcé de la Renaissance italienne pour l’Antiquité.

L’une des portes les plus remarquables est celle de la Chapelle, encadrée par deux colonnes cannelées surmontées de chapiteaux corinthiens comportant le « F » et le « A » pour François et Anne. La porte est en arc surbaissée et des angelots ornent la voussure. Au-dessus se déroule un motif appelé chien courant, typiquement florentin
La Chapelle mérite aussi que l’on s’y attarde.  Son abside remplit la grande tour, percée à cette occasion de hautes fenêtres en tiers points, voûtée d’ogives sur des colonnes très inspirées de l’art italien.  Pour la première fois peut-être en France, elles portent au-dessus de leurs chapiteaux des tronçons d’entablement, disposition commode pour donner au support plus d’élévation tout en conservant les proportions antiques de la colonne. Au XXe siècle, la mort subite du petit François XVII va modifier sensiblement l’aspect intérieur de la chapelle, ses parents remplaçant les vitraux, installant une tribune, recarrelant le chœur et faisant figurer partout ses initiales et son jeune visage. François XVII et ses parents sont inhumés dans la chapelle. 
Le grand escalier est la pièce maîtresse du château. De type traditionnel en vis avec un noyau puissamment torsadé, décoré de panneaux à moulures géométriques qui rappellent à la fois Blois et Chambord, cet escalier hélicoïdal s’inscrit dans un carré de 6.75 mètres de côté et se termine par un palmier d’ogives. Au centre, un buste tenant dans les mains un faucon avec une collerette de fou garni de grelots autour des épaules reste un mystère quant à son identité. L’escalier compte 108 marches, la plus longue étant de quatre mètres ». 

 

Meubles et peintures

Le château propose aux visiteurs une vingtaine de pièces meublées, dont sept salons. Les tableaux, meubles et objets qui ornent les pièces du château proviennent des collections familiales. 
La plupart des tableaux représentent les membres de la famille et datent des XVIIe, XVIIIe et XIXe siècles : François VI, auteur des sentences et maximes, Louis-Alexandre, assassiné à Gisors en 1792, François XII, fondateur de l’école des Arts et Métiers, introducteur du vaccin en France, co-fondateur de la Caisse d’Epargne. 


Bibliothèques, archives, cartes et estampes

Le château abrite de très importantes bibliothèques. Aux quelques 18.000 volumesconservés avec soin, s’ajoute une collection d’environ 300 cartes ou estampes et à peu près dix mètres de linéaires d’archives. 
Datant pour une très grande part du XVIIIe siècle, un peu de la première moitié du XIXe siècle et dans une moindre mesure d’époques antérieures, les ouvrages sont revêtus en quasi-totalité d’une reliure d’époque et sont dans un bon état. 
L’histoire, l’économie politique, les sciences, les voyages, la généalogie, l’érudition et le droit constituent le fonds principal de cette bibliothèque. 
L’ensemble se révèle d’un intérêt exceptionnel pour la qualité des textes dont la réunion apporte une contribution remarquable à l’histoire des idées. 
Un nombre assez important de volumes est frappé aux armes des La Rochefoucauld et une grande partie contient un ex-libris au nom de la famille. 

Le trésor des chartes, situé au premier étage du château, contient plusieurs milliers de pièces d’archives et couvre huit siècles d’histoire, du XIIIe à nos jours.
Y sont regroupés des documents provenant pour l’essentiel du château de Montmirail dans la Marne, mais aussi de ceux de la Roche-Guyon dans la Val d’Oise, de Liancourt dans l’Oise, de Verteuil et de La Rochefoucauld même en Charente. 
Dans chacune de ces propriétés, les La Rochefoucauld disposaient d’un dépôt d’archives, qu’on appelait, sous l’Ancien Régime, un « trésor des chartes » qui n’a pas été perdu malgré les partages successifs et la Révolution.

Le château, en marge de sa très grande collection de livres, dispose également de quelques trois cents cartes et estampes représentant des vues de villes, de pays ou de continents ainsi que des plans de bataille. 

 

 

Château de la Rochefoucauld 

16 110   La Rochefoucauld 

Tel : 05 45 62 07 42 

amis-du-chateau@wanadoo.fr

 

 

http://www.chateau-la-rochefoucauld.com/

 

 

 

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